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Ce que j’ai appris sur l’entreprise d’un stage de pilotage de karting

Ce que j'ai appris sur l'entreprise d'un stage de pilotage de karting

Ce que j’ai appris sur l’entreprise d’un stage de pilotage de karting

Qui aurait cru que le pilotage d’un karting présentait des similitudes avec le pilotage d’une entreprise ou d’une activité quotidienne ?

Certainement pas moi. C’était sans compter sur l’expérience vécue récemment. Passionné d’automobile, j’ai eu le plaisir d’appréhender le nouveau revêtement de la plus grande piste d’Ile-de-France de karting. Et ce que j’y ai appris est bien plus que l’adrénaline que j’étais venu initialement chercher.

La bonne trajectoire pour prétendre à la victoire
J’ai dans un premier temps appris qu’en prenant les bonnes trajectoires sur la piste, j’améliore significativement mon temps. Le constat était flagrant entre une première session de « roulage libre », aux trajectoires plus ou moins instinctives (et parfois hasardeuses), et une seconde session de travail spécifique sur les trajectoires, guidée cette fois par les pilotes expérimentés. Chaque « stagiaire » du groupe a ainsi gagné plusieurs secondes sur son temps initial. Le lien avec l’entreprise me sautait aux yeux : quand une société a une vision (elle sait où elle va) et une ambition (elle sait quelle trajectoire prendre pour atteindre sa vision), la structure est significativement plus performante. Il est évidemment bien plus efficace d’anticiper les trajectoires plutôt que de s’en remettre au hasard à chaque virage. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’au volant, le pilote doit regarder la direction où il souhaite aller et non pas son volant ?

Freiner pour mieux prendre le virage
La piste, comme la vie de l’entreprise, est régulièrement composée de virages, plus ou moins difficiles à appréhender. J’ai pu expérimenter lors de la troisième session de roulage trois manières de les aborder :
– la première, foncer et freiner au dernier moment, au risque de se faire embarquer par la vitesse et la force centrifuge du véhicule
– la seconde, freiner tôt et aborder le virage à une allure réduite, au risque de se faire doubler ou de ne pas bénéficier d’assez d’élan à sa sortie
– la troisième, freiner à temps et à la bonne dose, pour entrer à la bonne vitesse dans le virage et en ressortir avec un avantage
Evidemment, la dernière semble la plus logique et celle-ci m’a permis de gagner encore une seconde sur mon temps au tour de piste : elle n’en est pas moins la plus difficile à maîtriser avec justesse.
Le parallèle avec l’entreprise est flagrant tant chaque année le Dirigeant et son équipe sont confrontés à de nombreux virages : recruter, investir, modifier son positionnement, développer une nouvelle offre, lever des fonds mais aussi parfois licencier, réduire les coûts, arrêter certaines activités… J’ai ainsi compris qu’une grande partie du résultat dépend de la capacité à aborder le virage à la bonne vitesse, en se donnant le temps d’anticiper les différentes manières de l’appréhender. Une justesse qui s’acquière avec… l’expérience.

Pas l’un ou l’autre, l’un et l’autre
Arrive la quatrième et dernière session de roulage, cette fois libre. L’objectif est d’appliquer les bonnes trajectoires et le bon timing pour les freinages. Simple sur le papier. Un vrai test dans la réalité. Tenté et grisé par cette « liberté » sur la piste, j’ai compris que la performance vient de l’exigence, la rigueur d’appliquer à la fois l’un et l’autre : pas seulement une bonne trajectoire, pas seulement un bon freinage mais les deux simultanément. Si je voulais améliorer mon temps, il fallait que j’applique les deux. Chaque seconde au volant est alors une « épreuve », contre soi-même (s’imposer une rigueur) pour améliorer son propre temps, contre les autres pilotes (le marché dans le cadre de l’entreprise) pour passer – en premier, si tel est l’objectif – la ligne d’arrivée. La constance fait la différence, et les exemples sont multiples sur la piste comme en entreprise. Bien appréhender chaque virage nécessite recul, concentration et détermination. Il suffit d’un seul virage mal abordé pour passer à côté de son tour de piste ou de son exercice comptable. Suivre les temps sur le chronomètre a été un révélateur : lors de chacun des tours de piste où j’ai privilégié l’éclate (les drifts !), je n’étais pas efficace. J’avais donc un choix à faire : soit me faire plaisir et du spectaculaire (glisser, crisser des pneus, contre-braquer…), soit m’imposer une rigueur pour performer. Etonnamment, et bien que devant gérer ma frustration de ne pas pouvoir drifter autant que je le voulais, j’ai pris goût à la rigueur me permettant chaque tour de gagner quelques centièmes ou dixièmes de secondes. C’en est même devenu un jeu…

Sacrifier à court terme pour voir à long terme
Pour espérer améliorer encore mes temps, restait un élément à intégrer : le sacrifice. Savoir sacrifier un virage en pilotage, c’est comme en entreprise ne pas prendre un business car vous préférez vous concentrer sur ce que vous savez faire de mieux, bien et efficacement. Votre cœur de métier en quelque sorte. Sur la piste, quand une succession de virages se profile, les pilotes expérimentés conseillent de « sacrifier » l’avant-dernier virage pour favoriser une meilleure position en sortie du dernier virage. La raison ? Prendre un maximum de vitesse dans la ligne droite qui suit, c’est là qu’on gagne le plus de temps.

Le petit plus qui fera la différence
La technique ne fait cependant pas tout : être un bon technicien rigoureux n’est pas suffisant. Quand on cherche à gagner des centièmes ou dixièmes de secondes, quand on en est arrivé à ce point de précision, c’est la prise de risque qui permet de sortir du lot. Oser freiner une demi-seconde plus tard, oser serrer davantage le point de corde…

De quoi se poser la question du pilotage de son entreprise, de sa carrière ou tout simplement… de sa vie.

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